devenir couturière

7 conseils utiles pour lancer son projet

Devenir couturière, vous y avez déjà pensé mais sans jamais vraiment prendre cette idée au sérieux. Et si finalement tout était possible ?

La couture a repris ses lettres de noblesse depuis quelques années. La question écologique nous incite à faire nous-même et à réparer plutôt que jeter. De même, la slow life, le mode de vie qui nous incite à prendre le temps de vivre, à stimuler notre créativité, fait la part belle aux loisirs créatifs.

Alors quand on commence à progresser en couture et que nos créations génèrent l’admiration de notre entourage, on peut se demander si on en ferait pas un vrai boulot.

Sommaire :

  1. Le marché
  2. Le créneau
  3. La concurrence
  4. Les formalités
  5. Le coût
  6. Le matériel
  7. La gestion

1.Le marché de la couture 🏘

On peut d’abord distinguer deux types d’entreprises de couture : l’activité retouches et l’activité création. Les 2 activités peuvent être complémentaires.

Comment se porte le marché de création artisanale ? On est pas la première à y avoir pensé ! Durant les dernières années, les couturières créatrices d’accessoires, de zéro déchet, ou même de vêtements ont pris une large place sur les marchés artisanaux.

Le secteur est donc concurrentiel, mais la demande est présente. Les clients plébiscitent largement les petites entreprises et le Made in France.

Pour découvrir en détail les différents canaux de vente possibles pour commercialiser ce type d’articles, je vous invite à lire l’article entièrement consacré à ce sujet : Vendre ses créations

2.Le créneau

En commerce, il existe ce qu’on appelle les niches de marché. Il s’agit d’un créneau bien défini. En effet, se positionner sur un type de produits précis que peu de personnes font est un bon moyen d’attirer une clientèle ciblée.

Il est aussi préférable de bien définir sa gamme de produits avant de se lancer. Certes on sait faire tout pleins de belles choses, mais si on veut obtenir un nom et être connu et reconnu dans le domaine de la création artisanale française, je pense qu’il vaut mieux miser sur une faible variété d’articles. La production et la commercialisation seront infiniment plus simples à gérer.

Quand je me suis lancée, j’ai commis l’erreur de beaucoup trop m’éparpiller. Du coup, j’avais énormément de mal à créer de petites séries d’articles. En tant que créatrice, on ne peut pas proposer autant de choix que dans les boutiques de produits industriels et c’est bien normal.

Il existe même des entreprises artisanales mono produit qui cartonnent ! N’hésitez pas à faire le tour des salons de votre région, sur le thème de l’artisanat ou des loisirs créatifs. Cela vous apprendra beaucoup.

Les articles avec personnalisation et les articles créés à la demande plaisent beaucoup. Mais avec ce type d’articles, les coûts d’achat peuvent grimper très vite, alors à vous de limiter, de donner un cadre à vos clients pour vous y retrouver financièrement parlant. Vous pouvez par exemple proposer une sélection de tissus, ou de modèles à personnaliser.

Petit aparté, pour celles qui souhaitent devenir couturière retoucheuse : il y a beaucoup de départs à la retraite actuellement sur cette activité, et cela est un bon moyen de se mettre le pied à l’étrier. Mais attention, il faut être prêt à faire des ourlets et retouches à longueur de journée.

3.La concurrence

Comme indiqué au chapitre marché, il n’y a qu’à aller faire un tour sur la plateforme de vente mondiale d’articles faits main ou vintage Etsy, pour voir le nombre de petites entreprises de couture qui vendent toutes un peu les mêmes articles.

Alors si je peux vous donnez un seul conseil, démarquez vous ! Peu importe le style d’article que vous déciderez de vendre. Misez sur l’originalité. Ce n’est pas la peine non plus d’essayer de copier les grandes enseignes, vous vous retrouverez alors avec des copies d’articles vendus en masse, mais que vous devrez vendre beaucoup plus chers, si vous espérez gagner votre vie grâce à votre activité.

4.Les formalités 🗂

Les formalités pour créer une micro entreprise sont en réalité assez simples et réalisables gratuitement. Elles peuvent même se réaliser en ligne. Les choses ont bien évolué et aujourd’hui, le statut de micro entrepreneur permet à quiconque sans aucune notion comptable de se lancer facilement.

Pour vous faciliter la vie, voici un article qui récapitule les différentes étapes pour lancer sa micro entreprise : reconversion professionnelle couture

5.Le coût💶

Il faudra prendre une assurance professionnelle, là encore pour environ 60€ par an, ce n’est pas ça qui devrait vous arrêter. Pour ma part, je me suis simplement renseignée auprès de mon assureur habituel qui m’a directement proposé une formule adaptée à mes besoins.

Pour l’achat des matières premières, vous avez certainement déjà vos préférences. Une fois que vous aurez un numéro SIRET (le numéro unique qui enregistre votre entreprise à la chambre des métiers) plusieurs fournisseurs proposent des remises aux professionnels. Parfois, il faut une commande de métrage minimum, mais pas forcément. Alors n’hésitez pas à demander, dans tous les cas, vous n’avez rien à perdre et tout à gagner au contraire !

Il y a un coût important à prendre en compte qui est la publicité, et plus largement la communication. En effet, quelques publications sur les réseaux ne suffiront pas à vous faire connaître. Selon votre clientèle cible, identifiez bien quel type de communication sera adapté : prospectus, affiches, Google Ads, publication dans le journal d’annonces local ?

6.Le matériel🪡✂📏

Vous pouvez très bien démarrer avec votre machine à coudre domestique dans un coin de votre cuisine ! Il sera toujours temps d’investir si les affaires sont fructueuses.

Bien sûr, si vous avez un budget, n’hésitez pas à vous offrir une piqueuse plate professionnelle de type Juki ou Brother. En fonction de votre projet, la surjeteuse peut être nécessaire si on veut vraiment obtenir des finitions professionnelles sur les vêtements. Et si vous prévoyez de coudre de la maille, la recouvreuse sera indispensable.

7.La gestion📈

La gestion d’une microentreprise est ultra simplifiée. Un simple suivi des recettes est obligatoire. Je vous invite à créer un compte bancaire dédié, et de noter dans une fichier (ou même un cahier) les sommes encaissées mois par mois. Car c’est exactement cette somme dont vous aurez besoin pour payer vos charges à l’URSSAF autoentrepreneur.

Précision utile :

La création d’articles rentre dans le cadre de la vente de marchandises et est taxée à 12.8%.

La retouche est une prestation de services et doit être déclarée dans cette catégorie taxée à 23.7%.

Conseil bonus

Vous allez monétiser votre temps, il faut donc vous organiser. Les journées ne font que 24h, et vous n’avez que 2 mains. Alors, il faut bien se mettre en tête que pour son produit soit rentable, il faut le fabriquer en un temps donné que vous aurez préalablement calculé. On ne parle plus ici de la couture du dimanche, tranquilou bilou, pause tous les quarts d’heure et tâches ménagères entre 2 assemblages.

Aménagez vous des vrais plages horaires de travail. Si vous avez des enfants, vous devez considérer que vous ne pouvez pas jouer le rôle de l’accueil périscolaire ou garder bébé en même temps. C’est votre entreprise, donc votre métier, c’est du sérieux. Il faut donc faire bien comprendre la nuance à votre entourage. Non, vous ne prenez pas un congé sabbatique pour économiser les frais de garde d’enfants et refaire votre garde-robe. Vous créez une entreprise dans le but de vous générer un revenu.

On voit souvent à ce niveau, beaucoup de personnes se lancer et arrêter rapidement ensuite, car il y a vraiment la version fantasmée de la super woman à son compte qui gère tout, gagne bien sa vie et trouve encore le temps de se faire les ongles. La réalité est tout autre, et personne ne vous rémunérera quand vous serez en train de faire votre facturation un vendredi soir à 21h. Il faut bien en avoir conscience.

Ce n’est pas si évident de trouver l’auto-motivation et la discipline nécessaire à la gestion d’une entreprise quand personne ne vous y oblige.

Conclusion

Je pourrais écrire sur ce sujet pendant des heures. Nous sommes toutes et tous différents et portons des projets qui nous sont propres. C’est fabuleux de créer de toute pièce une entreprise et de réussir à générer son propre revenu.

Mais tout n’est pas rose, et c’est ce que j’ai essayé de faire transparaitre dans cet article. La vie d’indépendant n’est pas faite pour tout le monde. Mais la volonté, la persévérance, ainsi qu’un objectif clairement défini pourrait cependant vous permettre de soulever des montagnes !

Si après avoir lu tout ça, vous restez motivée pour devenir couturière et travailler à votre compte, je vous propose de découvrir d’autres articles en relation avec la création d’entreprise de couture : rendez-vous sur la page suivante pour trouver des informations pratiques : Reconversion professionnelle en couture.